ENQUÊTE SUR LE DEVENIR DES DIPLÔMÉS DU MASTER GESTION DE L'HUMANITAIRE

INTRODUCTION

Dans le cadre de la mise en place d'une plateforme des anciens étudiants du master « Gestion de l'humanitaire », l'association Cap Solidarités a lancé une enquête sur le devenir professionnel de ses diplômé(e)s. Dans cette note de synthèse, nous présentons les principaux résultats de l'enquête arrêtée au 12/05/2009.


LES DIPLÔMÉS ET L'EMPLOI

1. Situation professionnelle des diplômés du master GH :

Une des questions de cette enquête était relative à la situation professionnelle actuelle des diplômés. Le premier indicateur, les diplômés face à l’emploi, fait apparaître que 85.7 % DES DIPLÔMÉS ONT ACTUELLEMENT UN EMPLOI dans les domaines de l'humanitaire.

Situation professionnelle des diplômés GH au moment du l'enquête.

Le deuxième groupe, 2%, était à la recherche de missions humanitaires et occupait des emplois temporaires comme surveillant dans un lycée par exemple. Ce sont des personnes ayant déjà travaillé et dont l’activité a été interrompue (majoritairement fin de contrat ou raisons personnelles). Ces diplômés étaient à la recherche d’un nouvel emploi en moyenne depuis trois, quatre mois, au moment de l’enquête. La troisième catégorie, représentant 4,1% de l'échantillon, a déclaré être dans une autre situation ; il s'agit de personnes ayant arrêté leur activité professionnelle pour cause de maternité.

UNE TRÈS LARGE MAJORITÉ DES ENQUÊTÉS OCCUPAIT UN EMPLOI au moment de l’enquête.

2. Employés terrain / employés siège :

Un autre axe d'observation intéressant était de connaître, parmi ces anciens diplômés employés dans des structures relevant du secteur humanitaire, la proportion de ceux qui occupaient un poste au siège et donc également celle de ceux travaillant sur le terrain (en France et à l'étranger).

Répartition des employés du secteur entre Siège et Terrain

Nous observons qu'une petite majorité des anciens diplômés du master, employés du secteur de l'humanitaire, travaillent au siège de leur association mais, dans l'ensemble, LA RÉPARTITION ENTRE SIÈGE ET TERRAIN EST RELATIVEMENT ÉQUILIBRÉE.

3. Les postes occupés :

De plus nous avons essayé de rechercher un « profil type » d'un ancien diplômé du master « Gestion de l'humanitaire » employé actuellement. Nous avons alors recherché les postes les plus occupés parmi les réponses obtenues. Ainsi nous avons observé que les postes que l'on a retrouvé le plus souvent sont, dans l'ordre décroissant, chef/chargé(e) de mission ou de projets, responsable de desk, responsable RH/chargé(e) de formation et de recrutement et, dans une moindre mesure, chargé(e) de communication, chef de délégation.

Les anciens diplômés selon leurs postes

De plus nous avons noté que des postes étaient moins représentés tels que assistant desk, référent alimentaire, épidémiologiste ou encore responsable des collectes de fonds. Ces postes ont été classés dans la catégorie « Autres ».


4. Les associations employant les diplômés :

Nous voulions également connaître les associations employant le plus de diplômés du master. Les résultats démontrent que ce sont des institutions reconnues et de grandes envergures telles que Médecins Du Monde, la Croix Rouge Française, Action Contre la Faim ou Solidarités qui sont le plus souvent citées. Cependant il est évident que les diplômés ne sont pas employés uniquement dans ces quatre associations, car pas loin de quatre-vingt institutions emploient actuellement des anciens étudiants du master.

Ainsi ces données nous ont permis d'établir un « profil type » d'un diplômé du master employé dans le secteur de l'humanitaire. C'est donc une personne occupant un poste à responsabilités élevées dans une association humanitaire de grande envergure.

Quant à la durée de l’occupation de l’emploi actuel, NOS DIPLÔMÉS SONT EN POSTE DEPUIS PRESQUE 17 MOIS (16 mois et 28 jours précisément).

Une autre interrogation était de savoir la quantité d'anciens étudiants du master ayant quitté le secteur de l'humanitaire. Il s'est avéré que SEULEMENT 12,5% DES DIPLÔMÉS TRAVAILLENT DANS UN AUTRE DOMAINE. Ce sont des personnes qui sont désormais instituteurs, professeurs d'université, ou fournisseurs d'électricité d'origine renouvelable. Ce sont des métiers pas si éloignés du domaine de l'humanitaire dans le sens ou les métiers de l'enseignement, par exemple, existent aussi dans certaines ONG.

Parmi ces personnes certaines justifient leur choix par la déconcertation de voir comment les DRH du « civil » nous accueillent après les lourdes responsabilités que nous avons pu avoir dans l'humanitaire. Ces anciens étudiants pensent que l'idée que les gens se font de l'humanitaire est totalement biaisée et que cela leur est donc préjudiciable. Ils ajoutent que c'est un point à considérer par deux fois avant d'enchaîner trop de missions. Néanmoins ces mêmes anciens étudiants confirment que l'humanitaire d'urgence, auquel certains d'entre nous (les étudiants actuels du master) se préparent, constitue une expérience extraordinaire dans la vie d'un homme. Par ailleurs, le besoin dans ce domaine est malheureusement voué à un bel avenir.

Il est donc essentiel de savoir qu'aujourd'hui l'humanitaire se professionnalise, les compétences techniques et diplomatiques devront être de plus en plus pointues. L'humanitaire est à présent une grosse machine également utilisée à des fins qui dépassent l'entendement de ceux qui n'y ont pas encore d'expérience. C'est pourquoi, tout en restant engagé à réduire les souffrances des populations, il est important de rester lucide, de chercher à prendre de la hauteur et comprendre les motivations des bailleurs et gouvernements. LES STAGES DE DEUXIÈME ANNÉE

1. Les institutions accueillant des stagiaires M2 :

Durant cette enquête nous voulions connaître, parmi les institutions qui accueillaient des étudiants de deuxième année de master « Gestion de l'humanitaire », la proportion d'organisations non gouvernementale, de fédération, d'entreprises ou d'autres organismes.

Les institutions accueillant des stagiaires M2

Nous observons que LES TROIS QUARTS DES PERSONNES INTERROGÉES ONT EFFECTUÉ LEUR STAGE DE DEUXIÈME ANNÉE EN ONG.

De plus nous avons effectué un classement des ONG ayant accueilli le plus d'étudiants du master pour leur stage de deuxième année. Il est apparu que c'est l'ONG Secours Populaire Français qui a accueilli le plus de stagiaires du master suivi de près par les institutions ACF, Croix Rouge Française, Solidarités et le Groupe URD puis par les associations Ateliers Sans Frontières, le CCFD, Enfants du Monde Droits de l'Homme et Enfants Réfugiés du Monde et enfin, dans une moindre mesure, les organisations Médecins Du Monde, Oxfam France - Agir Ici, Emmaüs, Frères des Hommes, la FIDH (Fédération Internationale de ligues des Droits de l'Homme), Medicus Mundi, Pas Cap', Crayons de Soleil et le Comité d'Aide Médicale.

Sur ce graphique nous notons également que PRESQUE 5% DES ANCIENS ÉTUDIANTS ONT EFFECTUÉ LEUR STAGE DE DEUXIÈME ANNÉE DANS DES FÉDÉRATIONS OU COLLECTIFS D'ASSOCIATIONS. Cette catégorie comprend des structures comme le CRID (Centre de Recherche et d'Information pour le Développement), la FIDH (Fédération Internationale de ligue des Droits de l'Homme) ou encore Frères des Hommes.

Enfin la catégorie « Autres » regroupe des institutions diverses telles que le Centre d'Information des Nations Unies à Mexico, l'Iram (bureau d'études internationales, le GRIP (Groupe de Recherche et d'Information sur la Paix et la sécurité), le PAM ou encore UNICEF France.

2. Situation professionnelle à la sortie du stage :

Dans cette étude il nous fallait également connaître le devenir des diplômés à la sortie du master. Nous avons donc recherché le taux d'embauche des étudiants suite à leur stage afin d'avoir une idée de la professionnalisation du master.

Les résultats nous ont indiqué que seulement 5,5% DES ÉTUDIANTS SE RETROUVAIENT AU CHÔMAGE JUSTE APRÈS LEUR DERNIER STAGE de deuxième année. Nous entendons par cela une période de non activité d'une durée minimum de trois mois. Le reste des anciens étudiants interrogés, 94,5%, ONT DÉCLARÉ AVOIR TROUVÉ UN EMPLOI APRÈS LE MASTER. Cependant ce nombre est à relativiser dans le sens ou parmi ceux-ci, seulement 34,7% ont été embauché dans l'association de leur dernier stage alors que les 68,6% restants , ont été recruté dans une autre institution. Ceci témoigne de la professionnalisation du master même si le stage de deuxième année n'apparaît pas comme étant le mode dominant d'accès à l'emploi. Il est en effet parfois indispensable de rechercher un poste dans le même domaine de compétences que le dernier stage du master, mais dans une association différente. Mais une fois ces démarches effectuées nous pouvons dire que le master « Gestion de l'humanitaire » offre un bon accès à l'emploi.

3. Stages à l'étranger / en France :

Un autre axe d'observation était de connaître la proportion d'étudiants en deuxième année qui choisissaient de partir en stage à l'étranger, afin de juger du caractère international de la formation « Gestion de l'humanitaire ». Il nous est alors apparu que 40% DES ÉTUDIANTS DE DEUXIÈME ANNÉE DE MASTER CHOISISSENT D'EFFECTUER LEURS STAGES À L'ÉTRANGER.

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L'ORIGINE DES DIPLÔMÉS

Pour finir, ci-après les informations sur les origines des diplômés du master « Gestion de l'humanitaire ». La répartition selon leurs origines bachelières nous offre le panorama suivant :

Répartition des diplômé(e)s selon le baccalauréat obtenu.

La majorité des diplômés, 40%, est issue du Bac ES, le groupe des diplômés issus du Bac S se place en 2ème position avec 25%, suivi du regroupement des Bac STT ou autres qui constituent la formation initiale de 18% des diplômés. Le bac L ne représente que 12%. A noter 5% d'étudiants étrangers.

AU TOTAL, LES BACS GÉNÉRAUX CONSTITUENT L’ORIGINE DE 77% DES DIPLÔMÉS QUI ONT RÉPONDU À L’ENQUÊTE.



Anciens du Master GH